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Une grande dame à Aurillac

La visite ministérielle de Simone Veil le 21 décembre 1976


Le double baptême de l’école de Saint-Illide et du campus universitaire d’Aurillac en hommage à Simone Veil, le 7 octobre 2019, nous donne l’occasion d’évoquer la première venue dans le Cantal de cette grande dame.
Accueillie le 21 décembre 1976 par le préfet du Cantal Jean-Pierre Foulquié, le sénateur-maire Jean Mézard et diverses personnalités, Simone Veil passe une journée complète à Aurillac, prenant le temps d’aller à la rencontre des Cantaliens. Elle est alors ministre de la Santé depuis plus de deux ans et a vu promulguer la loi qui porte son nom.
Née le 13 juillet 1927 à Nice, Simone Jacob est élevée dans une famille attachée à la laïcité. En raison de ses origines juives, elle est arrêtée et déportée à Auschwitz-Birkenau puis à Bergen-Belsen en compagnie de sa sœur Madeleine et de sa mère Yvonne, qui ne survivra pas. L’horreur vécue dans les camps reste gravée dans ses souvenirs et lui donne la volonté de combattre les injustices. Alors qu’une vie calme auprès de ses trois enfants semble lui tendre les bras, elle affirme sa volonté d’indépendance, obtient le concours de la magistrature et entre à la Direction de l’administration pénitentiaire.
Sollicitée par Jacques Chirac pour faire partie de son gouvernement suite à l’élection de Valéry Giscard d’Estaing en 1974, elle accepte le portefeuille de ministre de la Santé et se trouve chargée de la question brûlante du droit à l’avortement. Même si la majorité des parlementaires ne semblait pas sensibilisée à ce problème, Simone Veil a pu compter sur une opinion publique favorable et sur le soutien de quelques acteurs politiques, dont le Dr Jean Mézard, rapporteur de la loi devant le Sénat. La loi Veil est promulguée le 17 janvier 1975.
Invitée à poser la première pierre du centre de gériatrie V240 (aujourd’hui centre Jean Vignalou) de l’hôpital Henri Mondor, Simone Veil, accompagnée par le préfet, est reçue par M. Darnis, directeur du centre hospitalier (respectivement derrière à gauche et derrière à droite de Mme Veil sur la photographie de gauche) et découvre la maquette du futur bâtiment. Ayant à cœur la question de la dignité humaine, les initiatives prises par l’hôpital d’Aurillac en faveur des personnes âgées la touchent. Elle profitera également de sa venue pour inaugurer le centre social du nouveau quartier de Marmiers. Les journalistes de La Montagne, dont les photographies sont en cours de numérisation aux Archives départementales, immortalisent cette journée.
Elue au Parlement européen en 1979, Simone Veil quitte le gouvernement et devient la première femme présidente de cette institution. Elle s’engage fermement en faveur de la construction d’une Europe unie, à l’ouest comme à l’est, seul rempart contre un nouveau conflit européen. Elle retrouvera ses fonctions de ministre en 1993 dans le gouvernement Balladur, à la tête des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville. Ce n’est qu’en 2006 qu’elle revient à Aurillac pour inaugurer le centre de planification des naissances et l’allée qui porte son nom au centre hospitalier.
Nombreuses furent les commissions et institutions qu’elle présida ou auxquelles elle siégea. Citons par exemple le Conseil constitutionnel, l’Académie française, mais aussi la Fondation pour la mémoire de la Shoah. Décédée le 30 juin 2017 à l’âge de 89 ans, elle entre au Panthéon le 1er juillet 2018. L’hommage de la nation française, auquel font écho tous les établissements qui portent aujourd’hui son nom, salue une femme forte, défendant avec ardeur ses convictions en faveur des droits de l’Homme et de la paix.



                               

31 NUM 49377 et 49378, clichés La Montagne
Articles des 22 et 23 décembre 1976 : 90 JOUR 265

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