Entraide

L'arrestation tourne au bain de sang !

Mourjou an IX

 Le 18 floréal an IX (8 mai 1801), le maire de Mourjou, Jean Philippe Jalenques est informé « qu’à la suite de l’investissement qui a été fait ce matin de l’habitation de la citoyenne Colinet, femme de l’émigré Jean Louis Pellamourgue, par un détachement de Gendarmerie Nationale, il y avait eu plusieurs coups de fusil tirés à la suite desquels il y avait eu des morts ». Le maire se transporte sur les lieux « pour prendre les informations nécessaires, vérifier les faits et faire tous actes en pareil cas requis », dont le présent procès-verbal.

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A son arrivée, le brigadier Jantou de la gendarmerie de Montsalvy, l’informe « que vers les quatre heures et demie de ce matin ayant investi l’habitation de ladite Colinet, avec les autres gendarmes qui étaient avec lui, dans le dessein d’y arrêter le susdit émigré Pellamourgue, qu’en conséquence de ces dispositions ayant voulu pénétrer dans la maison le susdit émigré s’y étant trouvé a voulu opposer résistance et fait immédiatement feu sur les premiers qui se sont présentés et que là-dessus il s’est engagé une affaire entre la force armée et le susdit émigré dont le résultat a été la mort de ce dernier et celle de deux gendarmes qu’il nous a dit être les citoyens Chabanon et Mongin, l’un brigadier et l’autre gendarme à la résidence de Maurs, et encore la blessure de quelques autres ».
Le cadavre de l’émigré Pellamourgue, conformément aux ordres, est immédiatement emporté à Aurillac par les gendarmes. Le maire fait alors appel aux quelques témoins présents. En leur présence il vérifie ensuite « l’état des cadavres ainsi qu’il suit, avons trouvé à l’entrée de ladite maison au rez-de-chaussée le cadavre d’un des deux gendarmes avec son uniforme, gilet bleu, culotte en cuir couleur chamois, avec ses bottes, mouchoir noir au col, chapeau ordinaire, lequel nous avons vérifié avoir été atteint d’une balle au col du côté droit ». Il fait de même pour le second cadavre et entend les témoins sur les circonstances de la mort de ces gendarmes. « A quoi ils ont tous répondu qu’alarmés par les coups de feu qu’ils avaient entendus, ils sont sortis à la hâte de leur maison et qu’ils ont vu la maison de ladite Colinet investie par un nombre de gendarme et avoir entendu immédiatement crier de la part desdits gendarmes, il est mort, ils sont morts ».
Ainsi se termine la cavale de l’émigré Pellamourgue recherché par les autorités révolutionnaires depuis plus de cinq ans. Il rentre d’émigration en l’an III et demande à être rayé de la liste des émigrés. L’administration refuse, prétextant qu’il est un émigré notoire dont les biens ont été vendus comme biens nationaux, et au contraire ordonne son arrestation (cote ADC : L 30). Pellamourgue entre alors dans la clandestinité et participe au mouvement contre-révolutionnaire très implanté dans le canton de Montsalvy dont il est originaire. On retrouve sa trace le 25 ventôse an VII, un procès-verbal des séances de l’administration du département fait état des plaintes du citoyen Revel, acquéreur des biens nationaux ayant appartenu à l’émigré Pellamourgue. Il se plaint de vols, violences et menaces et « présume que Pellamourgue émigré rentré est à la tête de ces brigands qui de temps à autres viennent roder autour de son habitation en brisant les portes à coup de pierres ou avec d’autres instruments, s’introduisent dedans, volent, pillent, menacent, tirent des coups de fusil à son métayer et à ses domestiques » et « qu’il a été obligé d’abandonner son domicile et de le transporter au lieu de Montsalvy ». L’administration en informe l’accusateur public du tribunal criminel du département et ordonne qu’une enquête soit ouverte par le juge de paix du canton. Elle demande aussi de prendre des mesures pour la sûreté de Revel, son métayer et ses propriétés (cote ADC : L 34). Mais ces mesures ne seront pas suffisantes face à la détermination de Pellamourgue. En prairial an VII, à Cassaniouze, il tue deux gendarmes venus prêter main forte au citoyen Revel, qu’il finira par assassiner quelques mois plus tard, en nivôse an VIII (cote ADC : L 102).
Le 4 nivôse an VIII, le commissaire du Directoire exécutif près l’administration du département écrit au ministre de la Police que « le canton de Montsalvy est depuis longtemps le refuge de prêtres rebelles qui y ont propagé le fanatisme jusqu’au délire, que c’est la principale cause du mauvais esprit qui y règne, qu’il est également notoire que l’émigré Pellamourgue surnommé Cassaniouze associé à un autre brigand Battut y rodent habituellement. Depuis mon installation qui date du 21 fructidor je n’ai cessé de recommander tant au commissaire du canton qu’à la force armée leur arrestation, mais toujours infructueusement ; pour y remplir il me faudrait des moyens qui ne sont point en mon pouvoir, tel que celui d’y établir des espions et quelques militaires déguisés ». On ne sait par quels moyens les gendarmes sont finalement parvenus à le localiser. Mais bien qu’avertis de la dangerosité du personnage, déjà auteur d’au moins trois meurtres, la tentative d’arrestation se termine très mal faisant trois nouveaux morts.
 

Document rédigé par Nicolas Laparra

 

                               Cote ADC : 104 J 85

      

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L'oreille cassée à Tourniac 

Il ne s’agit pas d’un lointain précurseur au célèbre album de Tintin, mais d’un acte de la cour du seigneur trésorier du monastère Saint-Pierre de Mauriac tenu en la place de Tourniac, le 4 octobre 1540. La scène se déroule en présence de Victor Dupuy, lieutenant de la terre et juridiction dudit trésorier, par devant la maison d’Antoine Vigier. Il s’agit d’attester en présence de plusieurs témoins que son fils, Victor Vigier, âgé d’environ vingt ans « est homme de bien […] lequel n’a jamais esté atteint ny condamné par justice ny autrement daucung crime ». Que s’il lui manque une partie de l’oreille droite ce n’est pas suite à une condamnation infamante mais c’est parce qu’« estant petit au berceau » « un pourceau luy avait manghé et emporté quasy toute la susdite oreille dextre ».

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Sous l’Ancien Régime, la « flétrissure », peine afflictive et infamante, est coutumière. Les peines qui altèrent l’extérieur de la personne, en rendant son apparence moins agréable, sont les signes du délit. Ancêtre du casier judiciaire, la marque d’infamie ou la flétrissure marquait le corps des criminels et délinquants. Les hommes et les femmes réputés infâmes étaient ainsi définitivement mutilés. La Justice laissait une trace de son pouvoir sur le corps des déviants et sur les âmes des spectateurs venus nombreux assister à la dégradation de celui ou de celle avec qui ils n’auraient su faire société. « L’infamie – note Beccaria, en 1764, au chapitre XXIII Des délits et des peines – est un signe de réprobation publique, qui prive le coupable de la considération générale, de la confiance de la patrie et de cette sorte de fraternité qui lie les membres de la société ». L’infamie, privation de la réputation (in famia), comme système d’exclusion connaît son âge d’or sous l’Ancien régime.

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L’« essorillement » ou amputation des oreilles concerne par exemple les faux-monnayeurs ainsi identifiables après avoir commis ce crime de lèse-majesté qui mine le monopole régalien sur la monnaie. Mais pas seulement, on amputait la plupart du temps une oreille aux voleurs et aux femmes accusées de parjure. D’après Roger Grand, dans son ouvrage Justice criminelle, procédure et peines dans les villes aux XIIIe et XIVe siècles, à Aurillac « pour avoir volé une vache, Pierre Deffage a l’oreille coupée »[1].

 On comprend, dès lors, la volonté d’Antoine Vigier de préserver l’honneur et la réputation de son malheureux fils, victime de l’appétit d’un porc dans son enfance. Le lieutenant, représentant de Charles Boudet, trésorier du monastère Saint-Pierre de Mauriac, et seigneur justicier du village de Tourniac, entend le témoignage de voisins, dont Jacques Lacombe, prêtre âgé de cinquante ans, qui confirment et attestent les dires du père, en prêtant serment sur les saints Evangiles. Le lieutenant en donne acte, et Pyrieudy, greffier, signe et appose le sceau de ladite cour, confirmant la validité de cet acte. Il est a noté toutefois que le document parvenu jusqu’à nous ne comporte ni signature, ni sceau. Il semble s’agir d’une copie postérieure, certainement du XVIIe siècle.

[1] Roger Grand, Justice criminelle, procédure et peines dans les villes aux XIIIe et XIVe siècles, Paris Nogent-le-Rotrou, impr. de Daupeley-Gouverneur, 1941, p. 95 (cote ADC : 8 BIB 1438)

Illustration : Un voleur essorillé. Coutumes de Toulouse (1295-1297), Bibliothèque Nationale de France

Document rédigé par Nicolas Laparra

 

                               Cote ADC : 104 J 75

      

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Une initiative solidaire… mais hors-la-loi
La boulangerie communale de Saint-Vincent-de-Salers (1914-1919)

2 août 1914, c’est la mobilisation générale, la France entre en guerre. Outre les craintes de voir partir leurs pères, maris, frères, fils à la guerre, une appréhension étreint dès le mois de septembre les habitants de Saint-Vincent-de-Salers : le ravitaillement en pain pourra-t-il être assuré ?
Cette question est loin d’être anodine et rattrape les hommes à chaque période de crise. Les rayons vides des supermarchés en période de confinement en témoignent. En ce qui concerne Saint-Vincent, il ne s’y trouve en 1914 ni supermarché bien sûr, ni boulangerie. Le conseil municipal décide alors de subvenir lui-même aux besoins de la population en mettant en place une boulangerie communale équipée d’un four à bois et confiée à un « chargé de panification ».
S’il assume cette dépense au profit de tous, le maire tente néanmoins de limiter le déficit et compte, entre autre, sur la solidarité des habitants. Cependant, celle-ci semble s’amenuiser au fil des mois, si bien que l’édile prend le 31 décembre de la même année un arrêté de réquisition : « le bois nécessaire à ladite boulangerie communale sera transporté par les habitants de la commune qui possèdent des vaches dès qu’ils en seront requis, et ce moyennant payement conforme aux usages locaux en tenant compte des quantités apportées et des difficultés des lieux ». La commune a en effet les moyens d’acheter du bois, mais a visiblement du mal à le faire transporter jusqu’au bourg. Ce sont donc aux premiers bénéficiaires de la boulangerie qu’on fait appel, qu’ils le veuillent ou non.

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Un deuxième arrêté pris dans la foulée vise à conserver le monopole de la boulangerie en abolissant toute concurrence : « le colportage et la vente du pain de toute boulangerie autre que la boulangerie communale de Saint-Vincent sont interdits dans cette commune » sauf autorisation écrite du maire, qui ne sera sans doute jamais délivrée à quiconque.
Ainsi encadrée juridiquement, la boulangerie va, si ce n’est prospérer, du moins répondre aux besoins primordiaux des habitants jusqu’en 1917. A cette date, il est à supposer que la plupart des hommes sont partis sur le Front et que de nombreux animaux ont été réquisitionnés par l’armée. Les quelques habitants d’astreinte se sont sans doute lassés de jouer les convoyeurs de bûches et se mettent en grève, au grand dam du conseil municipal qui décide d’asséner son autorité par un nouvel arrêté le 22 avril, exposé ici. Celui-ci réitère la réquisition des propriétaires de bœufs pour transporter le bois selon un planning affiché en mairie, ajoute que les propriétaires de chevaux pourront quant à eux être sollicités pour aller chercher de la farine à Mauriac, et prévoit des conséquences pour les récalcitrants. Cet arrêté est soutenu par le sous-préfet qui s’y dit très favorable, la boulangerie étant fermée et son « fonctionnement se trouvant gravement compromis par le mauvais vouloir d’habitants possesseurs de vaches qui se refusent systématiquement de transporter le bois nécessaire ».
Or cette fois-ci, la préfecture se montre plus pointilleuse qu’en 1914. « En matière de ravitaillement, observe le secrétaire général, le droit de réquisition appartient à l’autorité militaire […], en l’absence d’une disposition formelle, les sanctions prévues ne pourraient être appliquées ». L’arrêté est donc jugé illégal par le préfet, qui refuse de le viser.
Que l’on se rassure, les habitants de Saint-Vincent n’ont pas manqué de pain jusqu’à la fin de la guerre. Bien que les archives de la commune ne permettent pas de savoir comment fut alimenté le four les années suivantes, elles gardent trace des tickets de rationnement reçus par la boulangerie et échangés contre des sacs de blé au bureau permanent de l’office départemental des céréales. L’initiative du conseil municipal, quoique contestable dans la forme, est donc parvenue à mener son rôle salutaire pendant tout la durée de la guerre, épargnant aux familles rongées par la crainte pour leurs proches de n’être pas en outre rongées par la faim.

                                 E DEP 1498/4      

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Lorsque la chance vous sourit...

Un chef de mission interalliée accueilli et guidé par un soldat allemand (1944)

 

En mai 1944, le major britannique Cardozo, dit Vecteur, fut parachuté près du Mont-Mouchet, haut lieu de résistance à la frontière des trois départements de la Haute-Loire, de la Lozère et du Cantal, avec pour missions de suivre l’organisation des maquis, de veiller à la répartition des armes et des fonds parachutés aux résistants, de participer aux décisions de sabotage et d’assurer les liaisons radio avec Londres. Mais tout son travail aurait pu être compromis par le choix de la mauvaise porte…

André Decelle nous livre cette anecdote étonnante, recueillie parmi d’autres témoignages dans les archives de l’association des Anciens du Barrage de l’Aigle et de ses Maquis déposées aux Archives départementales

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. André Decelle, alias commandant Didier, était alors ingénieur-concepteur au barrage de l’Aigle sur la Dordogne. Dès 1940, il accueillit des prisonniers évadés, des militants anti-fascistes espagnols et italiens, puis des réfractaires au Service obligatoire du travail. Sous couvert de la construction du barrage, le chantier servit à cacher du matériel destiné au maquis.

L’état-major du Service Technique des Grands Barrages, dont les membres constituaient également l’état-major du Bataillon Didier, s’était quant à lui installé temporairement dans le nouvel hôpital de Mauriac, où le major Cardozo devait venir les rejoindre. Or, au même moment, une compagnie allemande s’installa dans leur bâtiment. Seul un couloir les séparait désormais, et il était bien sûr impossible de contacter le major britannique pour le prévenir… Il ne resta plus qu’à attendre et espérer qu’il ne croisât pas le chemin des Allemands.

C’est pourtant ce qui se passa, bien que l’issue n’ait aucune des conséquences tragiques que l’on pouvait craindre : voyant arriver le major, l’un des occupants, empreint de bonne volonté, le conduisit au bureau du Service Technique des Grands Barrages, pensant sûrement qu’il s’agissait d’un entrepreneur. Il était loin de se douter que grâce à ses contacts avec Londres, le major Cardozo permettrait le parachutage de plusieurs tonnes de matériel pour les maquisards dans le mois qui suivrait                                 

                                                                                                                                                                                                                      « Extraordinaire : le Major Vecteur accueilli par… l’armée Allemande ! »,par André Decelle, 106 J 10
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         2020 12 1  Photographie du barrage de l’Aigle : 49 NUM 46, coll. Dumas-Rossignol, cl. anonyme (vers 1950)    
                                                                                                                                                            

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Précieuse horloge
Vente en viager d’une pendule à seconde et à quantième


Alors que nos vies sont rythmées par des horaires précis, l’horloge est devenu un objet quotidien que l’on ne regarde que pour l’information qu’elle nous donnera, à savoir : suis-je en retard ? Elle a envahi les façades des édifices publics, églises, mairies, gares, mais aussi l’intérieur des maisons particulières. Pour quelques euros, chacun peut se procurer son horloge. On y insère une pile et l’on soupire lorsque, quelques années plus tard, les aiguilles prennent du retard.

Il n’en allait pas de même à la fin du XVIIIe siècle. Objet de luxe, l’horloge était prisée autant, voire plus, pour le prestige qu’elle apportait à son propriétaire que pour sa capacité à donner l’heure. Seules les classes les plus aisées de la société pouvaient s’en procurer. L’intérêt de connaître l’heure à la seconde près était donc limité quand la majorité de la population vivait au rythme du soleil.

Par ailleurs, pour un maître horloger tel que Joseph Labussière, habitant d’Aurillac, la fascination provoquée par un mécanisme complexe et sans faille entrait également en ligne de compte. Joseph Labussière est en effet propriétaire d’une horloge exceptionnelle. Nous ignorons s’il l’a construite de ses mains ou s’il l’a acquise autrement, mais il s’agit vraisemblablement d’un objet très rare à Aurillac : « une pendule à seconde et à jour marquant le quantième du mois, allant seize jours sans remonter ». La description ne dit pas comment se présente l’horloge. Certaines possédaient plusieurs cadrans avec chacun une aiguille. Il semblerait plutôt que la pendule décrite ici n’ait qu’un unique cadran doté de quatre aiguilles. En plus des heures, des minutes et des secondes, la dernière aiguille désigne le jour du mois, le quantième étant indiqué sur un cercle inférieur ou supérieur à celui des heures. Ce mécanisme est assez récent puisque ce n’est qu’en 1686 que Christian Huyghens ajoute au centre du cadran, en plus de l’aiguille des heures, celle des minutes. Avec une autonomie de seize jours, le remontage est l’occasion de réajuster le quantième lors des mois pairs.

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En cette année 1783, sans doute Joseph Labussière a-t-il besoin d’argent. Il va alors trouver un moyen de se constituer un revenu : vendre sa magnifique horloge… en viager. L’heureux acheteur se nomme Jean-Pierre Lespinats de Boussac, seigneur de Boussac à Saint-Simon, officier du cinquième régiment des chasseurs. Bien que la vente passée devant notaire le 7 novembre soit « pure, simple et à jamais irrévocable », l’acheteur accorde à l’actuel propriétaire la jouissance de la pendule contre bons soins pendant sa vie entière. L’horloge n’est pas neuve car il est précisé que, bien qu’elle soit en bon état, le cadran est manquant. L’artisan s’engage à le réparer avant son décès.

L’horloge est estimée à la somme de 300 livres (prix équivalent à deux bœufs), payables par tranche de trente livres à chaque fête de Pâques jusqu’au décès de Joseph Labussière, que celui-ci intervienne dans un délai inférieur ou supérieur à dix ans. Comme pour tout viager, l’acheteur prend donc le risque de payer l’objet de ses désirs extrêmement cher si la vie de l’horloger devait se prolonger. Toutefois, Jean-Pierre Lespinats semble avide de posséder cette pendule car il fait introduire une clause particulière dans le contrat : « en cas que ledit sieur Labussière vint à être dangereusement malade », l’acheteur pourra se saisir de l’horloge et ne la restituera que lors de la convalescence de l’horloger !

Voilà un contrat intéressant pour les finances de Labussière, mais face à une telle convoitise, a-t-il vraiment dormi sur ses deux oreilles suite à cette vente ?

Merci à Lucien Gerbeau pour avoir repéré ce document

 

                                 E 33/34 
Illustration : Cadran d’une pendule à seconde et à quantième, XVIIIe siècle
https://www.villagesuisse.com/objets/pendule-xviiieme
Estimations d’après Avenel Georges, Histoire économique de la propriété…, Paris, 1894-1926 

     

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