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L’église Saint-Martin de Rouziers, histoire d'une résurrection (1947-1955)

La translation d’une église est un évènement rare dont l’architecte aurillacois Pierre Croizet se voit confier la tâche en 1947. En effet, quelques mois auparavant, le clocher de l’église Saint-Martin s’est en partie effondré sur la sacristie. Cet incident n’est pas une surprise, il était même inéluctable si l’on en juge par le très mauvais état de ce sanctuaire qui durait déjà depuis plusieurs décennies. Dès 1909, Casimir Croizet, père de Pierre, est missionné pour expertiser le bâtiment et son rapport est sans appel : « J’ai examiné très attentivement toutes les parties de la construction et après avoir pris toutes notes et dimensions nécessaires, j’ai constaté que les murs du clocher de la façade principale et une partie des murs de la façade sud sont lézardés et menacent ruines......[Lire la suite]

L'oreille cassée à Tourniac 

Il ne s’agit pas d’un lointain précurseur au célèbre album de Tintin, mais d’un acte de la cour du seigneur trésorier du monastère Saint-Pierre de Mauriac tenu en la place de Tourniac, le 4 octobre 1540. La scène se déroule en présence de Victor Dupuy, lieutenant de la terre et juridiction dudit trésorier, par devant la maison d’Antoine Vigier. Il s’agit d’attester en présence de plusieurs témoins que son fils, Victor Vigier, âgé d’environ vingt ans « est homme de bien […] lequel n’a jamais esté atteint ny condamné par justice ny autrement daucung crime ». Que s’il lui manque une partie de l’oreille droite ce n’est pas suite à une condamnation infamante mais c’est parce qu’« estant petit au berceau » « un pourceau luy avait manghé et emporté quasy toute la susdite oreille dextre ».

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Sous l’Ancien Régime, la « flétrissure », peine afflictive et infamante, est coutumière. Les peines qui altèrent l’extérieur de la personne, en rendant son apparence moins agréable, sont les signes du délit. Ancêtre du casier judiciaire, la marque d’infamie ou la flétrissure marquait le corps des criminels et délinquants. Les hommes et les femmes réputés infâmes étaient ainsi définitivement mutilés. La Justice laissait une trace de son pouvoir sur le corps des déviants et sur les âmes des spectateurs venus nombreux assister à la dégradation de celui ou de celle avec qui ils n’auraient su faire société. « L’infamie – note Beccaria, en 1764, au chapitre XXIII Des délits et des peines – est un signe de réprobation publique, qui prive le coupable de la considération générale, de la confiance de la patrie et de cette sorte de fraternité qui lie les membres de la société ». L’infamie, privation de la réputation (in famia), comme système d’exclusion connaît son âge d’or sous l’Ancien régime.

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L’« essorillement » ou amputation des oreilles concerne par exemple les faux-monnayeurs ainsi identifiables après avoir commis ce crime de lèse-majesté qui mine le monopole régalien sur la monnaie. Mais pas seulement, on amputait la plupart du temps une oreille aux voleurs et aux femmes accusées de parjure. D’après Roger Grand, dans son ouvrage Justice criminelle, procédure et peines dans les villes aux XIIIe et XIVe siècles, à Aurillac « pour avoir volé une vache, Pierre Deffage a l’oreille coupée »[1].

 On comprend, dès lors, la volonté d’Antoine Vigier de préserver l’honneur et la réputation de son malheureux fils, victime de l’appétit d’un porc dans son enfance. Le lieutenant, représentant de Charles Boudet, trésorier du monastère Saint-Pierre de Mauriac, et seigneur justicier du village de Tourniac, entend le témoignage de voisins, dont Jacques Lacombe, prêtre âgé de cinquante ans, qui confirment et attestent les dires du père, en prêtant serment sur les saints Evangiles. Le lieutenant en donne acte, et Pyrieudy, greffier, signe et appose le sceau de ladite cour, confirmant la validité de cet acte. Il est a noté toutefois que le document parvenu jusqu’à nous ne comporte ni signature, ni sceau. Il semble s’agir d’une copie postérieure, certainement du XVIIe siècle.

[1] Roger Grand, Justice criminelle, procédure et peines dans les villes aux XIIIe et XIVe siècles, Paris Nogent-le-Rotrou, impr. de Daupeley-Gouverneur, 1941, p. 95 (cote ADC : 8 BIB 1438)

Illustration : Un voleur essorillé. Coutumes de Toulouse (1295-1297), Bibliothèque Nationale de France

Document rédigé par Nicolas Laparra

 

                               Cote ADC : 104 J 75

      

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